Musée Fragonard, entre écorchés et école vétérinaire

Dans le musée Fragonard, à côté de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort, rassemble 4.200 pièces dans les collections, dont deux écorchés, œuvres de Honoré Fragonard.

Entrée de l'école vétérinaire
Entrée de l’école vétérinaire

Histoire du site

L’école vétérinaire de Maisons-Alfort est la seconde école vétérinaire ouverte en 1766, quatre ans après celle de Lyon, ouverte en 1761. Ces deux écoles furent ouvertes sous l’impulsion de Claude Bourgelat, écuyer du roi. Proche des Lumières, il contribue en 1752 à l’Encyclopédie de d’Alembert.

Honoré Fragonard
Honoré Fragonard

Le musée porte le nom d’Honoré Fragonard (1732-1799) est un anatomiste et cousin germain du peintre Jean-Honoré Fragonard. Il a suivi un apprentissage de chirurgien dont il obtient son brevet en 1759 et recruté par Claude Bourgelat pour devenir professeur et démonstrateur d’anatomie à Lyon. Il est le premier directeur et premier professeur d’anatomie de l’Ecole Royale de Paris. Il est célèbre pour son travail sur les Ecorchés et principalement les pièces suivantes L’Homme à la mandibule », le « Groupe de fœtus humains dansant la gigue » et surtout « Le cavalier de l’Apocalypse ».

Initialement, l’école vétérinaire se trouvait dans l’équivalent du 10ème arrondissement de Paris, mais le lieu n’était pas adapté pour trois raisons, il fallait payer des taxes pour faire entrer des marchandises dans la capitale, le site s’avéra trop exigus et une partie des étudiants avaient tendance à faire le mur pour aller faire dans des cabarets.

Il fut décidé de déplacer le site à l’extérieur de Paris, à l’emplacement actuel, pour régler ces trois problèmes.

Le site actuel, était un château et fut acheté au Baron de Bormes, dont l’acte de vente fut signé en décembre 1765 et l’enseignement commença en octobre 1766.

Le musée a été créé en même temps que l’Ecole Royale Vétérinaire de Paris, en 1766, mais il fermé au public jusqu’en 1991. A partir de cette date, le musée fut ouvert au public et rencontra un certain succès.

Initialement, lors de la création du musée, il avait une collection importante de plus de 3.000 pièces mais lors de la Révolution française et du fait de la création de ce musée par la roi, la majorité des pièces ont été dispersées dans d’autres musées comme dans le Museum National d’Histoire Naturelle, mais la collection fut reconstituée par la suite.

Les salles d’exposition datent de 1901 et en 2008, le musée est rénové dans la même atmosphère de lors de l’ouverture au 20ème siècle.

La première salle est consacrée à l’anatomie comparée

Dans l’entrée se trouve une série de têtes permettant de comprendre les différentes dentitions, comme celle des herbivores ou des carnivores, dont plusieurs têtes humaines.

Puis, on découvre les systèmes anatomiques des bovins et des équités, tout en présentant des organes similaires issus d’espèces domestiques et sauvages.

Pour la partie bovin, un estomac gonflé, mais nettoyé au préalable pour découvrir l’immense taille ce celui-ci, comparé à son tube digestif.

Organes de bovins
Organes de bovins

De l’autre côté, se trouve la version des équidés concernant les mêmes organes, dont les tailles sont tous simplement inversées.

Organes d'équidés
Organes d’équidés

Une collection de monstres animaux permet aux vétérinaires de comprendre, d’apprendre, de reconnaitre et s’adapter aux difficultés en matière d’obstétrique. Dans cette collection de monstres se trouve toute une série de malformation, comme un agneau déradelphe (deux corps avec une tête), un veau polycéphale (à deux têtes) ou encore des cyclopes, avec une possible création de certains mythes grec.

Monstres - Veau polycéphale
Monstres – Veau polycéphale

La seconde salle recèle une importante collection de squelettes

Collection de squelettes
Collection de squelettes

Cette pièce comprend un certain nombre de squelettes, aussi bien artificiels, c’est-à-dire disloqués puis remontés au moyen d’axes métalliques, que naturels, c’est-à-dire disséqués pour conserver les ligaments et maintenir les os ensembles.

Un buste d’un pur-sang datant de 1828, réalisé par Jacques-Nicolas Brunot. De même, de nombreuses mâchoires s’y trouvent pour apprendre à identifier l’âge des animaux par l’usure dentaire, comme des dentitions de chevaux ou les bovins pour connaitre leurs âges. Aujourd’hui, les chevaux ont un passeport pour les identifier.

La troisième salle est consacrée la pathologie

Calculs
Calculs

Cette salle est consacrée aux pathologies, à travers de nombreuses lésions permettant de comprendre les conditions de vie et du statut sanitaire des animaux aux 19e et 20e siècles.

Une des raisons de la création de cette école vétérinaire était de comprendre certaines maladies pouvant causées des ravages comme la morve (maladie touchant les équidés) ou la peste bovine.

Entre articulations déformées des bovins et chevaux dues à leurs travails liés à la l’agriculture, aux calculs urinaires, biliaires ou salivaires, dont un calcul d’un cheval de près de 11 kg.

De même, plusieurs arbres bronchiques, se trouvant à l’intérieur des poumons, sont visibles pour comprendre l’origine de la tuberculose.

La quatrième salle est un cabinet de curiosité

Cavalier de l'Apocalypse
Cavalier de l’Apocalypse

Peut-être la pièce la plus impressionnantes, grâce notamment aux Ecorchés d’Honoré Fragonard, réalisés entre 1766 et 1771.

Dans cette pièce se trouve deux écorchés, le Cavalier de l’Apocalypse et L’Homme à la Mandibule (d’âne). Fragonard choisissait soigneusement le corps car cela dépendait du maintien du corps dans le temps. Il vidait le corps des fluides (sang et graisse) pour remplacer le sang par un mélange de graisse de mouton et de résine de pin. Le corps était disséqué, plongé dans de l’alcool, déshydraté et séché. Enfin les corps sont peint et recouvert d’un vernis, les artères en rouge et les veines en bleu.

Généralement, ce type de travail avait une durée de vie de cinq ans, mais comme le cousin de Honoré Fragonard était peintre, cela lui peut être permis de trouver une solution pour augmenter la durée de vie des écorchés.

Pour l’anecdote, la rumeur racontait que le Cavalier de l’Apocalypse était l’amante de Fragonard, mais il s’avère que le cavalier est un homme.

Plus d’infos :

  • Adresse : 7 avenue du Général de Gaulle, 94700 Maisons-Alfort
  • Jours d’ouverture : Mercredi, jeudi, samedi et dimanche
  • Horaires : de 14h à 18h
  • Tarif : 8 Euros (plein tarif), tarif réduit (6 Euros pour les plus de 26 ans si étudiant, pass culture, RSA, demandeur d’emploi) et gratuité sous conditions (moins de 26 ans par exemple)
  • Bâtiment non accessible pour les PMR

A propos Alexandre

Fondateur du Lutèce du Parisien et rédacteur en chef depuis 2009.

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