Le pavillon de l’Ermitage, vestige du château de Bagnolet

Dès le XVIIe siècle, l’aristocratie et la haute-bourgeoisie choisissent de quitter le tumulte parisien et construisant des châteaux et des ‘’folies’’.

Pavillon de l'Ermitage
Pavillon de l’Ermitage

Histoire du site

Le château de Bagnolet construit pour Marie de Bourbon-Condé (1606-1692), princesse de Carignan, et comprenant un parc de 56 hectares, sur un domaine entre Charonne et Bagnolet.

A sa mort, le château est acquis par François Le Juge, pour le revendre en 1719 au duc d’Orléans, Régent de France. La duchesse d’Orléans (Françoise-Marie de Bourbon (1677-1749)), fille légitimée de Louis XIV et de la marquise de Montespan, investit les lieux et agrandit le château, tout en aménageant le parc qui l’entoure, en rajoutant trois maisons d’agrément. Ce château devient sa résidence favorite.

À la mort de la duchesse d’Orléans, son petit-fils, Louis-Philippe (1725-1785), le récupère mais s’en défait en 1769, en le morcelant en plusieurs lots et le château est démoli. Le pavillon de l’Ermitage est reconverti en maison d’habitation.

En 1787, le baron de Batz récupère le pavillon, en y organisant des complots pour faire libérer Louis XVI, avec le succès ou l’insuccès connu de tous.

En 1820, François Pomerel a acquis le pavillon.

Sous le Second Empire, avec l’urbanisme galopante, les travaux haussmanniens et le rattachement de plusieurs communes à Paris, le dernier vestige du domaine de Bagnolet et de l’ancienne résidence de la duchesse d’Orléans a été rattaché au XXe arrondissement de Paris.

En 1884, l’hospice Alquier-Debrousse est fondé.

En 1887, l’assistance publique récupère le pavillon, en y mettant la direction d’un hospice jusqu’en 1982.

Le Pavillon de l’Ermitage

Une de ces maisons du château devient le pavillon de l’Ermitage et a été construit entre 1723 et 1727.

Il tient son nom des peintures murales en grisaille présentent à l’intérieur, représentant des ermites.

L’extérieur

Le pavillon est dans un style régence et des ‘’folies’’ de l’époque.

Les ‘’folies’’ correspondent à des maisons de plaisance à l’architecture élégante.

Sur le côté rue de Bagnolet se trouve une grille forgée. En haut de cette grille se trouve des initiales, qui sont peut-être celle de François Pomerel.

Pavillon Ermitage - Grille
Pavillon Ermitage – Grille

Derrière cette grille, deux colonnes avec des chapiteaux entourent une fenêtre. En haut de cette-ci se trouve un fronton avec deux brins de rameaux.

Pavillon de l'Ermitage - Façade côté rue de Bagnolet
Pavillon de l’Ermitage – Façade côté rue de Bagnolet

A l’origine, une terrasse plate était accessible par un escalier à vis, avec une balustrade à l’italienne, mais ont été supprimé depuis.

L’intérieur

Ce pavillon est organisé autour d’un salon, baptisé salon de Flore, due à la peinture murale représentant la déesse Flore, réalisée par Henri Piete.

Déesse Flore par Henri Pietre
Déesse Flore par Henri Pietre

Les murs du vestibule et de la galerie sont ornés de trois grisailles, représentant des ermites, dont Saint Venert et Sainte Arelle. Elles ont été réalisées en 1727 et attribuées au peintre Jean Valades.

Initialement, ce pavillon n’était pas chauffé, mais des aménagements postérieurs ont rajouté des cheminées.

Visite

Le pavillon a été visitable de 2005 jusqu’au début des années 2020. Mais en 2026, le pavillon n’est plus visitable et il est impossible d’observer l’intérieur due aux stores en bois intérieurs.

Infos pratiques

Adresse : 148 rue de Bagnolet, Paris 20e