À la découverte du Collège des Bernardins, études religieuses dans le quartier latin

Le Collège des Bernardins est un édifice religieux médiéval se trouvant dans le Quartier Latin. Cet édifice fut construit au 13e siècle par les Cisterciens pour en faire un lieu d’études religieuses.

Collège des Bernardins
Collège des Bernardins

Qui sont les Cisterciens ?

Les membres fondateurs du Collège des Bernardins font partir de l’Ordre Cistercien. L’Ordre Cistercien ou Ordre de Cîteaux est un ordre monastique catholique et est le premier ordre constitué comme tel. Leur origine remonte à la fondation de l’abbaye de Cîteaux par Robert de Molesme en 1098.

L’Orde Cistercien promeut une spiritualité centrée sur l’imitation du Christ, la prière et la vie fraternelle.

La construction du bâtiment

Le bâtiment voit le jour en 1245, pour encourager les moines à effectuer leurs études à Paris. L’édifice se trouve dans le Quartier Latin, car il était fréquenté par des lettrés pratiquant l’idiome universel de Rome, qu’est le latin, et Paris était la capitale intellectuelle d’Europe.

L’édifice est conçu par Etienne de Lexington, abbé de Clairvaux, qui est d’origine anglaise. Il acquit un terrain à proximité de la Seine et dont le bâtiment a un modèle architectural d’une abbaye cistercienne. Une abbaye cistercienne comprend un vaste corps de logis équipé d’un dortoir et d’une chapelle.

Initialement, le lieu s’appelait Collège Saint-Bernard avant d’être communément dénommé Collège des Bernardins.

L’un des pensionnaires, Jacques Fournier, est reçu docteur en théologie en 1314, puis il est désigné Pape sous le nom de Benoît XII et exerça son ministère entre 1334 et 1342 à Avignon.

Les différentes parties du collège

L’édifice abrite l’ancien réfectoire, avec l’ancien dortoir des moines au premier étage. La salle du réfectoire comprend trois nefs, avec un plafond vouté à croisées d’ogives repose sur des piliers en pierre. Au sous-sol, se trouve le cellier à trois nefs. Il a été partiellement comblé à mi-hauteur pour stabiliser l’édifice, mais cela a été supprimé par la suite. La sacristie du XIVe siècle a aussi été préservée.

Confiscation à la Révolution

L’édifice est confisqué et vendu lors de la Révolution française, dont l’église est devenue une carrière de pierre pour être démoli en 1797 et les vestiges sont définitivement détruits lors du percement du boulevard Saint-Germain en 1886.

Entre la confiscation et son rachat par le diocèse en 2001, l’édifice connaît plusieurs vies, comme prison, grenier à sel, caserne de pompiers et internat pour l’école national de Police.

Rénovation de l’édifice

En 2001, l’édifice est racheté par le diocèse de Paris et une rénovation complète a eu lieu à partir de 2004, pour s’achever en août 2008. Cette rénovation a été menée par Hervé Baptiste pour la partie ancienne et Jean-Michel Wilmotte pour les espaces contemporains.

Médaille
Médaille

Après sa rénovation et depuis 2009, il abrite l’Académie catholique de France.

La visite permet de découvrir une nef aux volumes impressionnants, où des expositions d’art contemporain sont accueillis, sous une statue du Christ du XIVe siècle.

Le premier étage, ancien dortoir des moines, abrite de bureaux. Ainsi que 15 salles de cours pour accueillir les élèves de l’école catholique. Au second étage se trouve deux auditoriums.

Que peut-on voir dans le collège des Bernardins ?

De même, avant de rentrer dans le bâtiment, le visiteur peut admirer la toiture laissant apparaître plusieurs nuances de couleurs.

Dans la grande nef, les volumes sont impressionnants, dont les voûtes sont soutenues par 32 colonnettes, réparties par deux rangés de 16 colonnettes. Cette nef date du 13e siècle et mesures 70 mètres de longues et 14 mètres de large et haute d’environ 6 mètres. Cette nef servait de lieu de vie des moines, en accueillant les cours, le réfectoire, la salle capitulaire et les cuisines.

Grande Nef
Grande Nef

Près de la sacristie, se trouve une statue du Christ, haute de 2 mètres et sculptée dans un bloc de pierre de Vernon (vallée de la Seine) et comporte encore des traces de polychromie. Cette statue date de 1340-1350 et fut découverte en 2006 sous l’escalier du XVIIIe siècle, lors de la restauration du Collège des Bernardins.

Statue du Christ
Statue du Christ

La sacristie fut construite au 14e siècle, avec ses 11 mètres sous-plafond et de style gothique, avec un art ogival sous influence cistercienne et de son dépouillement. Elle servait à relier le Collège à l’ancienne église des Bernardins et le seul élément restant des travaux du 14e siècle. Elle fut financée par le pape Benoît XII.

Sacristie
Sacristie

Dans la sacristie, se trouve la pierre tombale du moine Günther. Ce moine, originaire de Thuringe, est décédé en 1306. Il devait être une personnalité marquante du lieu pour avoir sa pierre tombale dans la sacristie. Cette pierre tombale se trouve à un mètre sous le sol de la sacristie du 14e siècle et un moulage en résine fut encastré au niveau du dallage actuel.

Pierre tombale  du moine Günther
Pierre tombale du moine Günther

L’escalier, datant de la seconde moitié du 18e siècle, conçu par l’architecte Bourgeois. La spécificité de cet escalier est qu’il a une cage d’escalier en stéréotomie (autoportante). Une statue acéphale (sans tête) du 15e siècle est visible en allant vers le premier étage. Mais cet escalier est interdit à la visite.

Escalier
Escalier

Plus d’infos

La nef du réfectoire et la sacristie sont librement ouvertes à la visite, du lundi au samedi, entre 10h à 18h. Des visites guidées sont organisées les mercredis, jeudis, vendredis et les samedis à 16h. Des expositions temporaires sont régulièrement organisées.

Adresse : 20 rue de Poissy, Paris 5e

Horaires :

  • Du lundi au samedi, fermé les dimanches et les jours fériés.
  • De 10h à 18h

Tarifs : entrée gratuite pour la nef et l’ancienne sacristie

Site web : www.collegedesbernardins.fr

Nous vous conseillons vivement de regarder sur le site internet du Collège des Bernardins pour vérifier que la visite de la nef et de l’ancienne sacristie sont ouvertes au public. De même et pour certaines expositions, ces deux lieux ne sont pas toujours accessibles.