La rénovation de la Tour Montparnasse, après de nombreuses années d’attente, débutera au second semestre 2026, après le départ des derniers occupants fin mars.
Création de la Tour Montparnasse

Le secteur de la Tour Montparnasse a subi une rénovation urbaine, qui a débuté au milieu des années 1950, pour permettre de supprimer des rues délabrées et insalubres.
La Tour Montparnasse a été conçue dans les années 1960 sur l’ancien site de la gare du même nom, par les architectes Jean Saubot, Eugène Beaudouin, Urbain Cassan, Louis de Hoÿm de Marien, dont le permis de construire a été délivré en 1968 par André Malraux, avec une construction ayant eu lieu entre 1969 et 1973, avec une hauteur de 209 mètres, la plaçant comme l’un des plus hauts immeubles français.
Dès le début, la Tour Montparnasse est un immeuble mal aimé, considéré comme une verrue architecturale.
Cet ensemble Immobilier Tour Maine-Montparnasse comprend trois autres bâtiments annexes à la tour, c’est-à-dire, le centre commercial Rive Gauche, le bâtiment C, en forme de cube, dit la Tour CIT (Centre International du Textile, ayant quitté les lieux dès la fin des années 1970) et le bâtiment D, dit Tour Express, bâtiment le long de la rue de l’Arrivée. Les bâtiments C et D sont aujourd’hui affectés comme bureaux. Les quatre bâtiments sont indépendants les uns des autres et uniquement reliés en sous-sol, même si le centre commercial et les bâtiments C et D semblent n’en faire qu’un seul.

Le principal propriétaire est LFPI (La Financière Patrimoniale d’Investissement), figurant aussi Séché Environnement, l’assureur Axa, la mutuelle MGEN et Xavier Niel (fondateur de Iliad, dont Free est une filiale) via la société NRS.
Déplacement de la gare Montparnasse
Petite anecdote, la gare d’origine se trouvait plus au nord et lors de la rénovation urbaine du secteur, il fut décidé de déplacer la gare vers le sud de 450 mètres. Pour éviter de changer l’ensemble du kilométrage sur les lignes en partance de la gare, la SNCF a décidé de mettre la nouvelle gare au Point Kilométrage (PK) 0,450.
Rénovation de la Tour
Au milieu des années 2000, un désamiantage a eu lieu permettant de supprimer l’amiante à plus de 90%, mais certaines zones restent inaccessibles comme au niveau des joints des fenêtres ou dans certaines conduites d’air. Les autorités, du fait de la présence résiduelle d’amiante, ont accéléré la fermeture de la tour pour la fin mars 2026, pour la sécurité des occupants.
À partir du milieu des années 2010, une rénovation totale de la tour est envisagée, comprenant également les trois autres immeubles.
Le permis de construire avait été déposé en 2019, pour être validé en juillet 2025 par le conseil de Paris, suivi en fin d’année 2025, d’un permis modificatif pour réduire l’envergure du projet de restructuration et ainsi réduire les coûts du projet.
De nombreux projets ont été lancés, dont certains détruisant plus ou moins le centre commercial, tout en créant une zone moins minérale et avec une zone verte. Certains projets ont été présentés en débordant du site.

Le projet retenu est celui de l’architecte Renzo Piano, dont le budget dépasse les 600 millions d’€uro, dont les travaux commenceront à l’été 2026 pour la tour et 2028 pour les trois bâtiments, dont le centre commercial.
Pour la tour Montparnasse, l’objectif est de faire passer la tour dans une nouvelle ère, avec un renouvellement total des vitres, en passant d’une façade marron à une façade vitrée, tout en permettant de réduire l’empreinte carbone de l’immeuble, en y installant un hôtel, des commerces et des services, en créant aussi une serre agricole au sommet. Les travaux pour la tour sont estimés à un investissement de plus de 600 millions d’Euros pour quatre ans de travaux.
Pour les autres bâtiments, l’objectif est de pouvoir circuler plus facilement entre les rues du Départ et de l’Arrivée (Est-Ouest), et entre la rue de Rennes et la gare Montparnasse (Nord-Sud), le tout avec différents accès dont un pour aller à l’intérieur du site, provoquant ainsi la destruction de 18% du centre commercial pour le réaménagement du site.
Au niveau des rues du Départ et de l’Arrivée, trois immeubles aux « dimensions haussmanniennes » verront le jour autour d’une place centrale, comprenant des espaces verts avec la plantation de 150 arbres. Dans ces bâtiments se trouveront des logements étudiants, des équipements culturels (art contemporain), des commerces, des bureaux, de la restauration et des toitures sportives (6 terrains, dont padel, tennis, foot à 5) seront créés.
Un nouvel accès à la piscine Armand Massard sera créé, piscine se situant sous le bâtiment du CIT, c’est-à-dire sous le C&A.
Entre l’annonce du projet courant 2018, l’obtention du permis de construire en 2019, la validation de celui-ci au Conseil de Paris à la mi 2025, dont les travaux débuteront courant 2028. Les travaux devront débuter courant l’année 2028, pour une durée de 2 ans.
Evolution des commerces et des mœurs
Le centre commercial a été déserté au fil des années, principalement due à l’annonce des travaux de réaménagement du site, dont le démarrage a trainé durant plusieurs années.
À la suite de ce projet de réaménagement, les Galeries Lafayette ont eu l’opportunité de déménager, en novembre 2019, à Beaugrenelle (Paris 15e), en face de Radio France.
Malheureusement pour le centre commercial, cette enseigne était leur navire amiral. Peu de temps après, en mars 2020, le Covid est apparu, provoquant plusieurs confinements, donc la fermeture temporaire des magasins et une évolution des habitudes de consommation des Français, de plus en plus friand des achats en ligne et en délaissant les boutiques physiques, même si ce point semble évoluer depuis.
Au fil des années et face à des travaux de rénovation qui tardaient à démarrer ou tout simplement repoussés pour diverses raisons, par exemples pour le Covid en 2020 et 2021, puis pour les Jeux Olympiques en 2024, les enseignes ont progressivement fermé pour ne laisser qu’une poignée de magasins encore ouverts début 2026.
Entre la perte de la boutique principale générant un fort flux de personnes et un manque de visibilité sur de nombreuses années sur le début du démarrage des travaux, le centre commercial ne pouvait que périclité. Quel commerce s’installera dans un centre commercial voué à être fermé à plus ou moins court terme pour travaux ? C’est avoir une épée de Damoclès pour ceux qui y sont ou ceux qui auraient voulu s’y installer après l’annonce des travaux en 2019, hors baux de court terme ou éphémère.
De même, à peine 500 mètres plus au sud, se trouve un autre centre commercial, Les Ateliers Gaité, dont une partie des boutiques sont fermées ou qui ne trouvent pas leur public et dont le navire amiral est le supermarché E.Leclerc. A l’intérieur se trouvait Le Food Society, enseigne de Food Court, avec quinze restaurants différents, occupant 3.500m² avec une offre intéressante en termes de restauration, mais mis en liquidation judiciaire le 27 août 2025 avec une fermeture le 1er janvier 2026 et dont le mobilier et matériel de restauration a été mis en enchère à peine une semaine après, le 8 janvier.
De même, il ne faut pas oublier que dans la gare Montparnasse comprend de nombreuses boutiques.
Le risque est d’avoir un nombre trop important de centres commerciaux, qui ne trouvent pas ou difficilement leur public dans un secteur réduit sur à peine 500 mètres à un kilomètre, si on va jusqu’à la station Saint-Placide, au niveau de la rue de Rennes.

Fondateur du Lutèce du Parisien et rédacteur en chef depuis 2009.