Ce que la ville de Paris doit à Napoléon Ier

Napoléon a laissé son empreinte un peu partout, cet homme politique, stratège et bâtisseur, a modernisé Paris et transformé le visage de la capitale. Napoléon Bonaparte n’est pas seulement un chef de guerre, ce visionnaire a osé rêver grand pour la Ville Lumière. L’héritage de l’Empereur est visible à Paris, le mois de mai dernier était l’occasion de fêter le bicentenaire de la mort de Napoléon Ier, l’occasion de redécouvrir les traces laissées à Paris par celui que l’on nommait ‘l’Aigle’.

Le rêve de Napoléon pour Paris

S’il est une ville chère au cœur de l’Empereur, c’est bien Paris ! Ce n’est pas un hasard si le tombeau de Napoléon repose sous le dôme des Invalides, il s’agit d’une des dernières volontés de Napoléon édictées peu avant sa mort en 1821. »Je désire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine au milieu de ce peuple français que j’ai tant aimé. » L’Empereur n’a pourtant pas régné éternellement sur la ville dans laquelle il a tant fait bâtir, il ne sera resté au pouvoir qu’entre 1799 et 1815, soit seize années, ce laps de temps a cependant suffit pour changer durablement la physionomie de la capitale.

Napoléon Ier avait l’ambition de faire de Paris la nouvelle Rome et de rendre à la ville d’alors son statut de capitale européenne. L’Empereur souhaite également que la capitale reflète sa gloire, pour cela, rien n’est laissé au hasard : nouvelles artères, marchés, ponts, hôpitaux, fontaines, … devront être construits. Paris se doit d’être un haut lieu culturel et intellectuel ! Fait étonnant : si Napoléon a laissé trace de son passage partout dans la capitale, il n’a laissé son nom à aucune rue. On a peut-être considéré que cela n’était pas indispensable puisque bon nombre d’avenues ou de rues célèbrent les batailles napoléoniennes (comme l’avenue d’Iéna, de Wagram, de la Grande armée, de Friedland, d’Eylau, …). La rue Bonaparte située dans le quartier de Saint-Germain des Prés rappelle l’endroit où a grandi l’Empereur, elle n’est cependant pas nommée ‘Napoléon Ier’.

Des projets d’aménagements urbains d’envergure
  • Le numérotage des rues : Si le numérotage de rues nous semble très banal, il n’en était rien avant les décisions de Napoléon Ier. C’est par un décret que le nouvel empereur rend obligatoire les numéros de rues en 1805. Les numéros ne sont pas attribués de manière aléatoire mais en fonction de la disposition des rues par rapport à la Seine. Le système pair-impair est choisi et adopté, ce système sera introduit dans toute l’Europe. À Paris, le numérotage commence au bout de la rue la plus proche de la Seine, dans le sens du courant, les numéros impairs sont à gauche et les numéros pairs sont à droite.
  • La construction de canaux : Napoléon souhaite ordonner la construction des canaux de Saint-Martin, de l’Ourcq et de Saint-Denis pour acheminer l’eau dans Paris. Des fontaines seront également installées un peu partout pour faciliter la vie des Parisiens.
  • La construction de ponts : Les ponts sont des axes de circulation majeurs pour les habitants de Paris. Consul, Napoléon souhaite offrir à Paris trois nouveaux ponts : le petit pont de la Cité, le pont des Arts et le pont d’Austerlitz. Empereur, il décidera de construire un pont supplémentaire : le pont d’Iéna. Le pont des Arts sera le premier pont métallique de Paris.
  • La percée de la rue de Rivoli : Effectuée en 1802, cette percée relie l’est et l’ouest de Paris. Les arcades classiques et les beaux immeubles font face au jardin des Tuileries et invitent à la promenade.
  • La colonne Vendôme : Elle est érigée pour rendre hommage à l’armée napoléonienne et commémore la bataille d’Austerlitz. On construit la colonne avec des tambours de pierre, une fresque en bronze recouvre les tambours et représente des scènes de batailles. Le bronze provient des canons des armées russes et autrichiennes pris lors de la bataille d’Austerlitz. Une statue de Napoléon Ier, sous les traits d’un empereur romain, est placée au sommet de la colonne. Le monument détruit pendant la Commune de Paris (1871) sera reconstruit à l’identique.
  • La Bourse : Napoléon est conscient de l’importance de la bourse et de la vie financière de Paris, il souhaite offrir un cadre digne de ce nom à une telle institution. Le terrain est choisi pour sa localisation et on érige un ‘Palais impérial de la Bourse’ regroupant toutes les activités boursières dans la même zone. C’est sur les ruines d’un couvent que se tiendra la Bourse. L’architecture s’inspire des monuments antiques.
  • La Madeleine : Il s’agit à l’origine d’un temple visant à célébrer la gloire des armées de Napoléon. On retrouve encore la forme du temple grec antique. L’Empereur changera finalement d’avis et décidera de créer une église, le bâtiment sera achevé après le règne de Napoléon et deviendra l’Église de la Madeleine.
  • L’Arc de Triomphe de la place de l’Étoile et l’Arc de Triomphe du Carrousel : Ces monuments sont construits en l’honneur de la Grande Armée. Napoléon avait en effet promis à ses soldats victorieux qu’ils « ne rentreraient chez eux que sous les arcs de Triomphe ». Napoléon reprend une tradition de l’Empire Romain, époque où l’on construit des arcs de triomphe pour commémorer un général vainqueur. Les scènes des batailles remportées par l’armée napoléonienne sont gravées sur les piliers de l’arc.

Aujourd’hui Paris conserve encore nombre des aménagements urbains décidés par Napoléon Ier. Membre de l’Académie des Sciences, l’Empereur est toujours resté attiré par la modernité des matériaux et des techniques, visionnaire, il a su moderniser le visage de Paris.

Béatrix Benoist d’Anthenay


A propos Béatrix Benoist d'Anthenay

Rédactrice depuis 2019.

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