L’Exposition coloniale internationale de 1931

L’Exposition coloniale s’inscrit dans le cadre des Expositions Universelles qui mettent en avant la puissance des nations. Inaugurée le 6 mai 1931, l’Exposition coloniale a vocation à promouvoir l’image de la France impériale au sommet de sa puissance. Elle est exclusivement réservée aux colonies, plus de 33 millions de tickets se sont vendus en six mois. Etendue sur plus de 1200 mètres de long, l’exposition revêt la forme d’un immense spectacle populaire. Les visiteurs peuvent se promener sur les 10 kilomètres de chemins balisés.

Le contexte

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Après trente ans de pause dans l’organisation des expositions à Paris, notamment à cause de la grande guerre, une exposition coloniale est prévue à Marseille, puis à Paris en 1920. La déclaration de guerre de 1914 repousse les échéances. Marseille organisera une exposition coloniale en 1922 et Paris souhaite, en 1927, organiser une exposition plutôt économique. En Europe, les colonies sont, dans l’esprit de beaucoup, un bienfait pour les indigènes, c’est également une grande source de richesse pour l’occident. L’Exposition coloniale, finalement organisée en 1931, mettra à l’honneur l’histoire glorieuse de la colonisation française.

Découvrir la puissance coloniale française

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L’exposition a eu lieu dans l’est parisien et s’étendait depuis l’actuel quartier de Picpus jusqu’au bois de Vincennes. Les visiteurs découvraient, à travers l’exposition, l‘histoire de l’empire français, ses territoires, l’apport des colonies à la France et celui de la France aux colonies. La République française se montre plus que jamais attachée à son empire colonial. Les Français étaient ainsi invités à faire le tour du monde en une seule journée et on voulait monter aux visiteurs que la France ne se limitait pas à ses frontières géographiques. Les visiteurs se promènent à travers les temples, huttes, souks ou pagodes en pirogue, en car électrique, à dos d’éléphant ou de chameau, ou tout simplement à pied.

Chacune des possessions françaises pouvait être découverte grâce aux différents pavillons qui s’inspiraient de l’architecture indigène. De nombreuses animations rendaient les visites plus vivantes, les spectacles de danse étaient particulièrement prisés. L’exposition de 1931 souhaitait se différencier des précédentes éditions et ne plus se moquer des coloniaux, hommes et femmes étaient toutefois exhibés pour mieux affirmer le pouvoir de la France. Les habitants des colonies faisaient office de figurants dans les villages reconstitués.

Les attractions ethnographiques, zoos humains

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Ce type d’attraction s’est développé, en France, en 1877, au Jardin d’acclimatation. Des groupes d’individus humains étaient présentés et mis en scène dans des enclos, enfermés dans un décor exotique. On déplaçait les indigènes de ville en ville dans toute l’Europe. La mode s’est essoufflée avant la première guerre, il devient difficile de faire défiler des indigènes sous le drapeau français. La dernière exposition canaque met en scène les tribus en provenance de Nouvelle-Calédonie en 1931, elle a eu lieu dans le Jardin d’acclimatation près du bois de Boulogne puisque les organisateurs de l’Exposition coloniale de Vincennes la refusent, ils ont en effet préféré faire venir des artisans qui exposent leur travail et leur savoir-faire au milieu des visiteurs.

Le temple d’Angkor-Vat, clou de l’exposition

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A l’unanimité, cette pièce maîtresse des colonies françaises, est considérée comme le clou de l’exposition. C’est la réplique exacte du vrai temple situé au Cambodge, elle  ne mesure pas moins de 250 mètres de long et 55 mètres de large, il existait cependant une différence dans les matériaux utilisés : la réplique était faite de plâtre, de ciment et de chanvre. Les intempéries ont rapidement eu raison du temple dès les portes de l’exposition fermées.

Les vestiges de l’Exposition

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Les constructions n’avaient pas vocation à durer, l’exposition a cependant marqué durablement l’urbanisme de l’est parisien. Le quartier de la Porte Dorée (actuel quartier de Picpus), a été aménagé pour accueillir le public. La ligne 8 du métro est prolongée, on appelle la nouvelle station ‘Porte Dorée’. Dans le bois de Vincennes, on trouve un des vestiges de l’Exposition coloniale : le temple bouddhique qui sera transformé  plus tard  en pagode. La statue d’Athéna, à l’origine présente sur les marches du Palais, surplombe aujourd’hui la fontaine de la Porte Dorée, elle symbolisait la France coloniale et impériale. Le parc zoologique, inauguré en 1934, fait suite au petit zoo temporaire qui était aménagé lors de l’Exposition coloniale, les visiteurs pouvaient voir de nombreux animaux exotiques. A l’autre extrémité du bois de Vincennes, on trouve les vestiges du jardin d’Agronomie tropicale, construit pour la première Exposition coloniale de 1907. Le musée des Arts africains et océaniens de la Porte doré a disparu en 2003, converti en musée de l’immigration.

Le passé colonial français est souvent considéré comme honteux et peu glorieux, les évènements comme les Expositions coloniales ont cependant façonné Paris.

Béatrix Benoist d’Anthenay

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