Assassinat de Jean Jaurès

Jean Jaurès s’est fait assassiné à Paris le 31 juillet 1914, il y a tout juste 100 ans. Mais qui était-il ? Et pourquoi s’est fait-il assassiné ?

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Jean Jaurès en 1904

Mais qui était Jean Jaurès ?
Jean Jaurès né le 3 septembre 1859  à Castres (Tarn), élève au collège de Castres. Lauréat du concours général en latin et obtient une bourse pour préparer à Paris l’École normale supérieure.

En 1878, il est reçu à l’École normale supérieure en philosophie. En 1881, il obtient à l’agrégation de philosophie.
Il entre en politique à 25 ans comme candidat républicain à Toulouse aux élections législatives de 1885 où il se fait élire, mais ne se fait pas réélire en 1889.
Lors de la grève des mineurs de Carmaux, en 1892, Jaurès est à l’écart de la vie politique. Jean Jaurès soutient, aux côtés de Georges Clemenceau, la grève est due au licenciement de Jean-Baptiste Calvignac. Sous la pression des grévistes et de Jaurès, le gouvernement cède.
Entre 1893 et 1898, il obtient son premier mandat de député et milite contre les lois scélérates.
A la fin de l’année 1894, Jaurès est convaincu de la culpabilité du capitaine Dreyfus mais change d’avis par la suite et l’événement décisif est la révélation du faux commis par le commandant Henry fin août 1989. Il s’engage alors dans la défense de Dreyfus.
Il est battu aux élections de 1898 et fonde en 1902 le Parti Socialiste français. Il participe à la rédaction de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat, votée en décembre 1905.
Il fonde, en 1904 et dirige le quotidien L’Humanité, qu’il utilise pour accélérer l’unité socialiste avec la création de la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière).
En 1910, il dépose un projet de loi pour l’évolution de l’armée et milite contre la loi des trois ans de service militaire, loi votée en 1913.
Avec la fin de la guerre des Balkans en 1914, les espoirs de paix semble être relancé. Mais l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand en Serbie, le 28 juin 1914, et l’ultimatum autrichien à la Serbie du 23 juillet 1914, bouleverse  l’Europe et le monde. Jaurès tente d’infléchir la politique de la France.

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La Taverne du Croissant

Raoul Villain se met en tête d’assassiner Jaurès. En traquant Jaurès, il griffonne des notes incohérentes sur les habitudes de Jaurès. Le soir du 31 juillet, à 21h40, au café du Croissant au 146 rue Montmartre dans le 2nd arrondissement à Paris, Raoul Villain tire le rideau, lève son arme et tire deux fois dont une balle atteint la tête de Jaurès, mourant sur le coup. Villain se fait arrêté quelques minutes après.

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Plaque mémoriale pour Jean Jaurès

Pourquoi était-il opposé à la guerre ?
Jaurès, depuis 1905, est inquiet face à la montée des nationalismes et il ne cesse d’avertir des périls de la guerre tout en souhaitant construire une politique de paix mondiale. Jaurès ne condamne pas la guerre, il réclame le droit de choisir la guerre qui mérite d’être menée. Les derniers mois, Jaurès se mobilise pour s’opposer à la guerre qui menace l’Europe.

 

 

 

Pourquoi s’est fait-il assassiné ?
Depuis plusieurs mois, la presse nationaliste furieuse contre les déclarations pacifistes de Jaurès, son internationalisme (avec la SFIO), et le désignait comme l’homme à faire disparaitre en raison de ses idées. Raoul Villain, ultranationaliste et ayant sûrement lu cette presse, décide d’assassiner Jean Jaurès.

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Raoul Villain

Qui était son assassin ?
Membre du Sillon, le mouvement chrétien social de Marc Sangnier, puis adhère à la « Ligue des jeunes amis de l’Alsace-Lorraine », groupement d’étudiants ultranationalistes d’extrême droite, il reproche à Jaurès de s’être opposé à la loi sur le service militaire de trois ans. Son procès ne s’ouvre qu’en mars 1919 devant la cour d’assises de la Seine, cour qui l’acquitte. Il meurt, en 1936, quelques jours après le début de la Guerre d’Espagne en se faisant tué par des anarchistes.

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