« Vampires, de Dracula à Buffy », quand les vampires débarquent à la Cinémathèque

Jusqu’au 20 janvier 2020, la Cinémathèque française propose une exposition autour des vampires. Ces créatures mythiques ont une belle place dans l’imaginaire collectif et font frissonner petits et grands. La rétrospective invite les visiteurs à plonger dans l’univers des suceurs de sang présents au cinéma, dans les séries, la photographie et dans la peinture.

La scénographie entraîne déjà le visiteur dans un parcours chronologique, aux origines du vampire avant de suivre un angle plus thématique. Poésie, politique, culture pop, érotique, profane et sacré… tous les aspects sont abordés.

Aux origines du vampire

Cette étrange créature fantastique s’impose en littérature à la fin du XIXème siècle. Il est l’héritier de vieilles superstitions grecques et mésopotamiennes et son mythe s’enracine en Europe au Moyen-Âge. Le vampire vit à l’origine en Transylvanie dans un château. Les rumeurs se répandent dans les pays en guerre ou qui subissent des épidémies : cet être redouté affectionnerait particulièrement les cimetières, déterrerait les cadavres et tourmenterait les humains pour s’abreuver de leur sang. On trouve de nombreux récits mettant en scène les vampires au XVIIIe siècle à travers des textes scientifiques.

C’est véritablement au XIX siècle que le mythe se cristallise dans la littérature anglaise à travers Dracula, œuvre de l’Irlandais Bram Stoker publiée en 1897. L’auteur fait de son vampire un personnage complexe : à la fois fantastique, le comte Dracula est redouté et fascinant. Il peut revêtir la forme d’un loup ou d’une chauve-souris et ses yeux émettent de la lumière. Il redoute les signes religieux et ne peut être exterminé que par les rayons du soleil ou un pieu qui lui traverserait le cœur. Stoker, l’auteur du romain, fait aussi naître le personnage du chasseur de vampires, Van Helsing et Mina Harker, jolie proie que le comte tentera de posséder. Si Dracula est toujours vénéré par le public aujourd’hui, il est loin d’être le seul vampire vedette. Edward Cullen, Lestat de Lioncourt, Nosferatu, Blade, … les vampires hantent les histoires et les contes.

Le vampire, ses différentes personnalités

Le personnage du vampire est tantôt un être redoutable, tantôt un séducteur, être désirable, rock et dandy, élégant, ténébreux ou sexy. De nombreuses stars ont incarné ce personnage célèbre. Le vampire peut être aussi politique, on l’a souvent vu prendre l’apparence de personnalités politiques dans la presse.

Le cinéma fait apparaître le vampire tantôt comme un espion, un être capitaliste, ou le symbole d’une société en déséquilibre, en proie à la violence. On retrouve aussi la figure du vampire érotique, au sex-appeal certain, celui qui vit une histoire d’amour passionnelle, … Ce personnage fantastique n’est jamais satisfait, toujours en quête de l’autre. C’est l’incarnation de la pénétration et de la dévoration. Le vampire apparaît dans la photographie, la presse, le cinéma, les jeux vidéos, les BD, c’est un être transgenre et multidisciplinaire.

Films et vampires

Le cinéma, né à l’aube du XXe siècle s’intéresse rapidement aux vampires et lui consacre de nombreux films. Les amateurs de films peuvent découvrir Nosferatu de Murnau à partir de 1922, Martin de Romero, Et mourir de plaisir de Vadim, Nadja de Almereyda, … L’art de l’illusion, les jeux de caméra et les mises en scène offrent diverses expériences vampiriques aux spectateurs. Les plus grands cinéastes mettent en scène leur propre image du vampire ! Ils regardent la mort en face, ont des traits humoristiques, ne vieillissent pas, n’ont pas de reflet dans les miroirs, … Les acteurs personnalisent le vampire à leur manière : Béla Lugosi, Isabelle Adjani, Christopher Lee, Catherine Deneuve, Grace Jones, David Bowie, Johnny Depp, Tom Cruise, Robert Pattinson ou Kristen Stewart sont autant de vampires différents que d’acteurs.

Le vampire sous toutes les coutures

Fragments de décors, costumes de scènes, visuels, … les buveurs de sang prennent vie à travers différents champs artistiques. Collages d’Ernst, œuvres de Goya, de Niki de Saint Phalle, de Fusco ou de Mike Kelley sont exposés aux yeux des visiteurs qui découvrent des châteaux hantés, des visions cauchemardesques ou encore des femmes vampires. Des œuvres contemporaines ont même été créées spécialement pour l’exposition : Fuck the Facts de Wes Lang et Self-Portait As a Vampire de Claire Tabouret.

Couloirs sombres, candélabres austères, tentures noires et chandeliers aux murs vous accueillent à la Cinémathèque française pour vous faire découvrir les vampires. Adultes et enfants sont les bienvenus rue de Bercy dans le 12ème arrondissement.

Béatrix Benoist d’Anthenay

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