Le blob, ce drôle d’être unicellulaire, débarque au zoo de Vincennes

Le parc zoologique de Paris est le premier zoo français au monde à accueillir cet organisme un peu curieux. Le blob peut se déplacer, n’a pas de cerveau mais une bonne mémoire. Jaunâtre, il n’est ni animal, ni végétal et n’est pas un champignon non plus. Il est probable que vous l’ayez croisé dans la forêt sans le remarquer. Intéressons-nous à ce drôle d’organisme.

Le blob c’est quoi ?

Le décrire n’est pas facile, imaginez-vous le croisement d’une éponge et d’un œuf brouillé, ça pourrait s’approcher de ce à quoi ressemble un blob. Être très particulier, le blob est unicellulaire. Il a certaines caractéristiques d’une plante puisqu’il produit des pigments, il se déplace, caractéristique propre aux animaux, et produit des spores, comme les champignons. Il n’est pourtant ni plante, ni animal, ni champignon et ne possède ni cerveau ni système nerveux. Le blob est jaune et se déplace très lentement. Il vit dans les zones fraîches et humides comme les tapis de feuilles mortes, il apprécie particulièrement les forêts de chênes, de feuillus et les écorces des arbres.

Dressons la carte d’identité du blob !

  • Son nom scientifique est Physarium Polycephalum. C’est le mycologue américain, spécialiste des champignons, Lewis David von Schweinitz, qui le nomme ainsi en 1822. Ce nom est un mélange de grec et de latin et veut dire… ‘petite vessie à plusieurs têtes’ ! Drôle de nom pour un drôle de spécimen !
  • Le blob est une espèce de myxomycètes. Il est surnommé blob, même par les scientifiques. Ce surnom vient de son manque d’aspect particulier et fait également référence à un film de science-fiction de 1958, The Blob. Le personnage central du film, The Blob donc, est une sorte d’extraterrestre vivant et gluant qui grossit en avalant les habitants.
  • Le blob est visible à l’œil nu, il est souvent jaune et se nourrit de champignons, de spores, de micro-organismes et de bactéries.
  • Il est rattaché au règne des amibozoaires et intéresse la communauté scientifique depuis des dizaines d’années. Il aurait entre 500 millions et un milliard d’années.
  • Il se déplace en formant des petites excroissances et il mange en engouffrant sa nourriture dans sa membrane, par phagocytose.
  • Le blob grandit très vite, il mesure 50 micromètres au début de sa vie et peut atteindre une surface de plus de 10 mètres carrés. Sa taille double tous les jours. Elle est liée à son mode de reproduction : seul son noyau se divise, et non pas ses cellules. La cellule a, au départ, un noyau unique, après division, la cellule a 2 noyaux, puis 4, … jusqu’à contenir plusieurs milliards de noyaux et atteindre des tailles records !
  • Il peut se déplacer de 0,5 cm à 4cm par heure. Il perçoit la présence de nourriture grâce à des récepteurs, situés sur sa membrane.
  • Le blob n’est pas mâle ou femelle, il y a plus de 720 types sexuels chez le blob.

Les super-pouvoirs du blob

Si le blob suscite l’intérêt des scientifiques, ce n’est pas un hasard ! Cet être unicellulaire pourrait être une solution à nombre de nos soucis, c’est aussi un être intelligent doté de super-pouvoirs. Premier de ses pouvoirs géniaux, le blob est presque immortel ! On en veut pour preuve une histoire qui remonte à 1973, on le découvre cette année-là dans une famille américaine. Elle s’empresse de vouloir déloger cet intrus, impossible ! La famille ne manque pourtant pas de motivation : coups de pelle, coups de taille-haie, kärcher, … rien n’y fait. Et la police, qui se déplace sur les lieux, tente même d’achever le blob avec des balles, peine perdue…

En plus de sa quasi immortalité, le blob n’est constitué que d’une seule cellule. Quand il ne parvient plus à se nourrir et ne trouve plus rien à se mettre sous la dent, il s’endort, et lorsqu’il se réveille, c’est à nouveau un bébé blob !

Le blob est également incroyablement intelligent : il parvient à tous les coups à trouver la sortie la plus rapide dans un labyrinthe. Plutôt fortiche quand on sait que la chose n’est pas dotée de cerveau. Encore plus fort, les scientifiques ont récemment découvert que le blob a développé sa propre technique pour mémoriser quelque chose de nouveau : il mange l’information.

Il cicatrice extrêmement rapidement et peut se régénérer intégralement, ce qui pourrait en faire le chouchou des scientifiques et le joyau de la science. Les chercheurs en intelligence artificielle l’apprécient beaucoup, en raison notamment de son système interne de transport de l’information.

Le blob au zoo de Vincennes

Les jardiniers du parc zoologique créent chaque jour de nouveaux spécimens de blob à partir du même échantillon. Les bébés blob (les sclérotes) sont arrosés tous les jours et nourris. Le blob n’arrête pas de surprendre, il meurt de plusieurs façons, dort, se dessèche, … les employés le passent même parfois au micro-onde ! Le blob a été installé dans le vivarium du parc, à l’abri de la lumière. Il permet, selon les termes du président du Museum national d’histoire naturelle, de ‘montrer les mystères de la nature’.

Si le blob vous intrigue, rendez-lui visite au zoo de Vincennes. Vous pouvez aussi envisager d’en adopter un, il passionne les enfants et pas besoin de l’emporter avec vous pendant les vacances, il suffit de l’endormir !

Site internet : Parc Zoologique de Paris

Béatrix Benoist d’Anthenay

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.